Publié par : ToM le : mars 4, 2008
Alors que le baril de pétrole bat encore des records (103 dollars hier à New-York) marquant ainsi la valorisation économique de l’énergie du fait de sa raréfaction, il est nécessaire de créer de nouveaux systèmes financiers qui permettent de valoriser ce que l’on ne consomme pas. En effet, dans un système classique, les fournisseurs d’énergie (EDF, GDF, Véolia-énergie etc.) ont tout intérêt à ce que leurs consommateurs consomment toujours plus… Dans ce cas, intérêts économiques et intérêts environnementaux s’affrontent. Comme on ne peut pas changer les intérêts environnementaux, il faut inverser les intérêts économiques afin qu’ils aillent dans un sens commun.

C’est ce à quoi servent les certificats d’économies d’énergie (CEE) que la France met actuellement en place comme l’ont fait d’autres pays. C’est une alliance du dirigisme étatique et du libéralisme de marché. Certaines entreprises sont contraintes à faire faire des économies à leurs clients (des objectifs chiffrés leurs sont assignés en fonction de leur taille, de la situation géographique etc.) et elles reçoivent un certificat pour chaque économie réalisée (réception du certificat a posteriori, pour garantir l’efficacité environnementale du système). Ensuite, les entreprises peuvent se vendre les certificats mutuellement : ainsi, une valeur environnementale est transformées en valeur économique. Plus une entreprise fait faire des économies à ses clients, plus elle peut vendre de certificats à ses concurrents… qui eux sont pénalisés s’ils ne mettent pas en place une démarche similaire(ils sont obligés d’acheter des certificats). Ce dispositif est tout à fait similaire au système européens des permis d’émission (voir sur ce sujet l’article de Jonathan Morice et ma réponse).
D’autres acteurs (communautés publiques, entreprises non obligées…) peuvent participer volontairement, c’est à dire que leur sont attribués des certificats suite à la réalisation d’économies. Ils peuvent ensuite revendre ces certificats à des entreprises soumises à objectifs. C’est ce qu’ont fait la ville de Blois et la communauté d’agglomération de Bordeaux. Et à Saintes, on s’y met quand ?
Pour plus d’info, lire l’excellente lettre de l’ADEME : “Ademe et vous” n°10.
(J’essaie d’actualiser ce blog dès que je peux… Notamment à venir : quelques commentaires après la conférence, d’autres infos, la conférence en audio et peut-être en vidéo…)